Quand ton réveil sonne avant le chant du coq, tu sais que t’es en train de faire un truc un peu fou. J’avais décidé de mon plein gré (oui, oui, volontairement) de me lancer dans cette aventure : grimper le col d’Arama pour assister au lever du soleil. Et quand on me connaît, on peut difficilement croire que c’est une idée qui vient de moi ! Spoiler : je n’allais pas le regretter. Mais à cet instant précis, mon cerveau, pas du tout en phase avec mon enthousiasme, me chuchotait de me rendormir.
Munie de mon sac à dos, de 2 litres d’eau et d’une motivation un peu en berne, j’ai pris la direction du sentier dans la pénombre, la frontale vissée sur le front.


Le col d’Arama, c’est pas le Mont Everest, mais ça grimpe quand même, surtout quand tu fais un mètre cinquante !
Entre deux “maaaaais pourquoi j’ai pas fait plus de squats ce mois-ci ?” et “c’est moi ou ça monte raide ici ?”, je me suis accrochée en me disant que chaque pas me rapprochait du sommet. Ma motivation ? Imaginer le moment où je pourrais fièrement dire “j’ai grimpé ça !” (et accessoirement manger les crêpes qu’on avait prévu pour le sommet). Heureusement, la vue qui se dévoilait peu à peu me redonnait la pêche.
Et alors là mon petit pote, c’était le feu. Littéralement.
Le ciel s’est enflammé de couleurs magnifiques, d’orange et d’or. Ce genre de moment où tu te sens comme dans un film épique mais avec des jambes qui tremblent un peu ? Franchement, ça méritait presque une playlist à la Hans Zimmer, genre dramatique. Mais comme j’avais oublié mes écouteurs, c’était juste le silence… et mes respirations de sportive du dimanche.


Je suis restée là, deux heures, à profiter du panorama époustouflant. Mais soyons honnêtes : j’ai surtout attendu mon mec, qui avait décidé de jouer les explorateurs et de continuer plus loin sur les crêtes. Moi ? J’étais déjà bien assez fière d’être arrivée jusque-là. Ça m’a permis de réfléchir aux questions philosophiques qu’on se pose tous : “Pourquoi les gens font-ils ça pour le plaisir ?” et “Est-ce que j’aurai encore assez d’eau pour la descente ?”, ou encore “Dis, j’aurais pas un peu le vertige finalement ?”


Redescendre aurait pu être simple… mais c’est moi, donc évidemment, ça ne l’a pas été. Je voyais des cailloux traîtres de partout et mes jambes déjà fatiguées n’aidaient pas. Alors, grande décision : j’ai opté pour la méthode ancestrale dite de “la descente sur les fesses”. Efficace ? Oui. Élégant ? Pas du tout !
Résultat : un legging sacrifié ! Adieu, fidèle compagnon. J’ai réussi à lui faire un trou en plein milieu. Mais bon, entre le ridicule et une entorse, le choix était vite fait..
Et alors, ça valait le coup ? Oh que oui. Ce lever de soleil, cette sensation d’accomplissement, font que je referais tout ça sans hésiter (mais avec un legging de rechange). Alors, si un jour tu cherches une bonne excuse pour te lever avant l’aube, pour transpirer et pour sacrifier un pantalon, le col d’Arama est là pour toi.



